Les actions des citoyennes et des citoyens changent notre quotidien. Sans elles, notre histoire serait différente, notre patrimoine ne serait pas le même. Fidèles à leur mission, les archives en témoignent. Et c’est l’objet de l’exposition « 150 ans d’actions : un patrimoine montréalais en évolution », Château Ramezay, 18 juin-8 octobre 2012, place De la Dauversière (métro Champ-de-Mars).
L’exposition en quelques mots
Le Château Ramezay propose l’exposition « 150 ans d’actions : un patrimoine montréalais en évolution », qui est actuellement offerte gratuitement sur la place De la Dauversière jusqu’au lundi 8 octobre 2012. Un ensemble de panneaux présente comment notre environnement architectural a été façonné et comment notre patrimoine architectural et culturel a été préservé par l’action citoyenne. Les archives en sont les incontournables témoins. Émanant de divers services d’archives du Québec et de France, des cartes, des photographies en couleur ou noir et blanc, des dessins sont reproduits sur de grands panneaux regroupés près de l’entrée du jardin du Gouverneur du Château Ramezay. Découvrez l’autre Montréal grâce à « cette exposition [qui] retrace ce qui a été, ce qui est encore et ce qui aurait pu être » (Dinu Bamburu, directeur des politiques de la Fondation Héritage Montréal).
Plusieurs services d’archives collaborent : Archives nationales d’Outre-Mer (France), BAnQ, Château Ramezay, Habitat 67, Musées McCord d’histoire canadienne, Parcs Canada, Service des archives de la Ville de Montréal, Service des archives et des documents de l’Uqàm, ainsi que la collection de cartes postales anciennes de Dinu Bumbaru, Héritage Montréal, apportent d’intéressantes illustrations en plus des dessins, cartes, photographies en n&b ou coul.
Des bâtiments qui ont changé l’identité architecturale de Montréal
Comment se représenter le clocher de l’église Saint-Jacques sans les bâtiments de l’Uqàm autour en 1975 ? Facile, grâce aux archives de l’Uqàm. Ou comment se présentait le quartier avant l’érection la tour de Radio-Canada en 1962 ? Pour quelqu’un qui ne connaît le quartier que dans sa configuration actuelle, ça paraît désert !
Le port de Montréal sans le pont du Havre, je veux dire le pont Jacques Cartier, difficile à imaginer aujourd’hui ? Normal, il sera bientôt centenaire. Pour vous faire une idée, vous pourrez consulter un plan de la ville de Montréal en Canada datant de 1717 conservé aux archives nationales d’outre-mer (France) qui permet de se représenter la ville il y a presque 300 ans.
Acteurs de la vie urbaine
Un symbole fort aurait perdu sa place sans l’action citoyenne. Il s’agit de faire respecter l’ordre et la sculpture de bronze de Louis Cyr policier dans Saint-Henri réalisée par Robert Pelletier le rappelle. [Monument à Louis Cyr, collection municipale : http://ville.montreal.qc.ca/portal/page?_pageid=678,1154690&_dad=portal&_schema=PORTAL&id=262 ] Faire mémoire, oui, mais pas seulement des grands et des puissants. Louis Cyr était un homme ordinaire, comme l’appelle Anne-Marie Sigouin, commissaire d’une exposition de Robert Pelletier .
Qui peut dessiner sa ville mieux qu’un architecte? Le génie n’attend pas les années : c’est un étudiant en architecture de McGill – Moshe Safdie – qui a dessiné, dans la Cité du Havre, Habitat 67, déclaré monument historique en 2009 par le Gouvernement du Québec [historique de Habitat 67 : http://www.habitat67.com/origine_.html ].
Ils ont eu chaud : risque de démolition, changement de vocation
Projet de 1956. Le jardin et le Château Ramezay auraient été remplacés par un stationnement de deux étages, des voitures des années. Impossible alors de reproduire à son emplacement actuel le jardin du Gouverneur, un des seuls jardins – si ce n’est le seul – reproduisant un jardin du XVIIIe siècle en Nouvelle-France [histoire du jardin : http://www.chateauramezay.qc.ca/fr/jardin/ ].
Et si, dans le quartier Bonsecours, on pouvait trouver au rez-de-chaussée de la maison Papineau un snack bar ? En 1960, en effet, on entrait au 440 rue Bonsecours au restaurant Chez Adrien, mais ce bâtiment du Vieux-Montréal fut restauré comme d’autres par le critique musical Eric McLean.
La voiture en centre-ville : stationnement et autoroute sont-ils des solutions ?
Avec la démocratisation de l’automobile au 20e siècle se pose la question de la circulation et du stationnement de ces engins. Le débat ne date pas d’hier. En 1920, le Champ de Mars [historique de la place : http://www.vieux.montreal.qc.ca/tour/etape1/1fen.htm ] était un grand stationnement pour les roues et les sabots et en 1960 le projet d’autostrade Est-Ouest en plein centre-ville aurait assurément redessiné le cœur de notre ville.
Allez-y !
Certains projets améliorent la vie urbaine. D’autres sont abandonnés en raison de l’action de citoyennes et citoyens de Montréal qui souhaitent préserver leur patrimoine contre des projets qu’ils jugent incompatible avec leur environnement. Les archives présentées dans cette exposition permettent de prendre conscience de ce rapport de force entre les décideurs et les habitants d’une ville. On constate ainsi que l’engagement et l’attachement affectif des citoyennes et citoyens à leur patrimoine est un facteur décisif dans la sauvegarde et la mise en valeur de notre histoire. De jour ou de nuit (les panneaux sont éclairés), courrez voir cette exposition. Et pourquoi ne pas ajouter un tour bucolique à cette visite en faisant un tour dans le jardin du Gouverneur à l’accès lui aussi gratuit ? Fermeture de l’exposition le 8 octobre 2012.
Informations complémentaires → expositions temporaires du Château Ramezay : http://www.chateauramezay.qc.ca/expositions/expositions-temporaires/
