Tous les jours dans la capitale des Pays-Bas, environ 3 000 personnes se mettent en file (total d’un million par année) pour visiter la maison d’Anne Frank. Autant des Néerlandais que des gens de tous les coins de la planète, de tous les âges, de toutes conditions et de toutes religions, viennent se recueillir sur les lieux où la famille Frank a tenté en vain d’échapper à l’assassinat des Juifs d’Europe.
Pourtant, le père d’Anne Frank, Otto, a bien essayé d’éviter la tragédie. À la fin de 1933, quelques mois après l’arrivée d’Hitler au pouvoir, avec son épouse Édith, il prend la décision de fuir l’Allemagne ; leurs deux filles, Margot et Anne, ont alors respectivement sept et quatre ans. Malheureusement, les Pays-Bas ne constituent pas très longtemps un refuge puisque les Allemands envahissent le pays le 10 mai 1940 et le soumettent en quelques jours.
Très vite, les mesures de harcèlement contre les Juifs se multiplient. Le jour où Margot est convoquée pour aller dans un camp de travail allemand, la famille se résout, comme quelque 25 000 Juifs aux Pays-Bas, à se cacher. Otto Frank a opté pour l’annexe arrière de l’édifice de son entreprise à Amsterdam où il entre dans la clandestinité avec les siens et des amis. Les huit personnes y vivent de juillet 1942 jusqu’au 4 août 1944, jour où ils sont arrêtés à la suite d’une dénonciation. Sept mois plus tard, Anne meurt du typhus dans le camp allemand de Bergen-Belsen quelques jours après le décès de sa soeur.
Du 12 juin 1942 au 1er août 1944, la jeune adolescente a inscrit fidèlement dans un journal le récit de sa vie quotidienne et de celle de ses proches. Il s’agit d’un témoignage touchant qui a constitué un exemple exceptionnel de la «prise de parole» d’une victime du pire génocide de l’Histoire.
Otto Frank a été le seul survivant de la famille. Dès son retour d’Auschwitz, il a récupéré le précieux document de sa fille et s’est chargé de sa publication et de sa traduction. L’ouvrage a connu un retentissement exceptionnel. Anne Frank est devenue un symbole universel de la résistance au sort réservé aux Juifs par les nazis.
De nos jours, on peut se rendre sur les lieux de la cachette des Frank et parcourir les pièces dans lesquelles ils se sont terrés. Il n’y a plus aucun meuble dans la maison. Seules des photos d’archives ont été apposées sur les murs, des films sont projetés et l’on y présente le célèbre manuscrit. Dans un tel dépouillement, les documents d’archives pèsent de tout leur poids, touchant profondément la sensibilité, l’âme et la conscience des visiteurs. Le lien avec le passé semble d’autant plus grand que la mise en scène est épurée.
Le journal d’Anne Frank est un témoignage si significatif que l’UNESCO l’a inscrit en 2009 au registre de la Mémoire du Monde, l’équivalent archivistique du Patrimoine mondial de l’Humanité.
On gagne à compléter ce pèlerinage par une visite à Amsterdam du Musée de la Résistance où l’on mesure les efforts du peuple néerlandais pour s’opposer à l’envahisseur et tenter d’aider les Juifs du pays.
Les photos du présent billet sont tirées du site suivant : http://www.annefrank.org/fr/
Voici les adresses internet du Musée de la Résistance à Amsterdam et du registre de la Mémoire du Monde de l’UNESCO :



