Le Musée de Nouvelle-Zélande à Wellington, appelé en langue maorie Te Papa Tongarewa (Notre place), est assurément l’un des plus intéressants de ce pays. Inauguré en 1998, il est le lieu de présentation de l’art national, mais surtout de l’histoire des diverses cultures néo-zélandaises.
Une grande partie du spacieux édifice est réservée à la culture et à l’art des Maoris arrivés en Nouvelle-Zélande à compter des années 1300, près de 500 ans avant le navigateur anglais James Cook. Dans les collections, la sculpture maorie est à l’honneur grâce à de multiples objets (canot de guerre) ou bâtiments (maison de rassemblement, entrepôt). La qualité des pièces et surtout de leur mise en scène est de calibre international, à l’instar de ce que l’on retrouve au Musée canadien des civilisations à Ottawa ou au Musée de la civilisation à Québec.
Mais pour les archivistes, le point d’orgue est à coup sûr la place réservée à l’un des documents fondateurs de la Nouvelle Zélande, le traité de Waitangi de 1840. Cette pièce d’archives, dont l’original est conservé aux Archives nationales de Nouvelle-Zélande, est une entente passée entre le gouvernement britannique et les chefs des tribus maories. Elle établit la souveraineté des autochtones sur leur territoire en échange du droit des nouveaux arrivants d’acheter des terres. Un tel esprit de collaboration au XIXe siècle peut surprendre, mais il ne faut pas se méprendre. L’Histoire révèle qu’il y a eu très tôt mésentente lorsqu’on a constaté que les deux versions du traité, une en maori et l’autre en anglais, ne disaient pas la même chose ; en maori, les premiers habitants demeuraient souverains, ce qui n’était pas le cas en anglais.
Il n’en reste pas moins que ce traité a fixé jusqu’à aujourd’hui les relations entre les peuples aborigènes et les autres citoyens de ce pays. Des discussions et de nouveaux accords ont corrigé les erreurs du départ. Le Musée Te Papa a donc décidé de réserver une place de choix au texte en y reproduisant dans un agrandissement géant les articles essentiels du traité. Une exposition dans un espace attenant retrace l’histoire de la contestation de l’entente.
Dans toute la documentation présentée, une photo d’archives remarquable mérite d’être signalée, celle de la leader maorie Whina Cooper entreprenant en octobre 1975 sa longue marche (hikoi) vers Wellington pour réclamer le respect du traité de 1840. La symbolique de la démarche de cette femme âgée accompagnée de sa petite-fille est puissamment rendue par la photo d’archives ; ce document est bien connu des Néo-Zélandais.
Voilà un exemple inspirant du savoir-faire des muséologues mis au service du sens riche et profond de documents d’archives à caractère national.
Photos : Museum of New Zealand



[...] Un exemple remarquable de mise en valeur d’un document d’archives fondateur Share this:TwitterFacebookJ'aimeJ'aime [...]