Au Salon du livre de Montréal et en librairie, Hélène-Andrée Bizier a de nouveau rendez-vous cette année avec un public fidèle. Ses volumes sur l’histoire du Québec en photos suscitent le ravissement de ses lecteurs. L’accueil qu’elle reçoit également dans les médias prouve qu’elle s’est taillée une place enviable parmi les passeurs de mémoire.
Il y a quatre ans en 2006, son premier volume retraçait l’histoire du Québec, l’année suivante le deuxième était consacré aux Québécoises ; en 2008, le troisième faisait place aux hommes québécois. Le quatrième, sorti de chez l’imprimeur en octobre 2010, est consacré aux métiers. Dès la parution du premier ouvrage que l’éditeur Fides avait su si bien soigner pour en faire un beau livre à prix abordable, les lecteurs avaient été instantanément conquis. On se reconnaissait dans ces récits, l’histoire des Québécois était habilement et simplement racontée. Probablement aussi parce qu’il était tout en photos, ce retour dans le passé était davantage à la portée de tous. Il l’est encore cette fois-ci.
Mais avec À chacun son métier, Hélène-Andrée Bizier entraîne ses fans sur un terrain relativement nouveau. Je vous rassure, il n’y a pas de changement quant à la belle présentation des photos d’archives et à l’habile rédaction des légendes, mais cette fois il n’y a pas le même genre de récit que dans les trois ouvrages précédents. Le coeur de la publication est une galerie d’occupations présentées dans l’ordre alphabétique ; on va de l’Acteur au Typographe en passant par le Médecin et le Mineur. Ce bloc constitue plus de la moitié du volume qui compte près de quatre cents pages.
On n’a pas comme dans les productions précédentes un fil conducteur le long duquel se développe une vision de la société ; par exemple, la modernisation du Québec (Une histoire du Québec en photos), la place des femmes (Une histoire des Québécoises en photos), le rôle des hommes (Une histoire des hommes québécois en photos). On a plutôt droit à une galerie très diversifiée de métiers, environ quatre-vingt dix, qui laissent tout simplement voir la variété des occupations dans une société industralisée.
L’auteure a bien consacré d’autres chapitres à des secteurs d’activités tels les affaires, l’agriculture, la voirie ou la construction qui rejoignent une proportion considérable de Québécois. C’était tout à fait normal. Mais il reste que dans l’ensemble, ce nouvel album de famille ne fait pas oeuvre de vulgarisation de la même façon que les trois autres. Il y a une certaine impression de dispersion qui se dégage.
Au chapitre de la cueillette des photos d’archives, Hélène-Andrée Bizier a de nouveau ratissé large. Les crédits photographiques (pages 385-389) donnent la liste de quarante-quatre services d’archives institutionnelles et de vingt-huit particuliers. Une fois de plus, le Musée McCord et Bibliothèque et Archives nationales du Québec (sept centres régionaux d’archives) se révèlent des sources particulièrement riches.
Hélène-Andrée Bizier ne nous en voudra pas de signaler qu’après le métier Animateur, on aurait pu insérer la profession d’Archiviste, sans laquelle le présent ouvrage n’existerait pas… C’eût été un clin d’oeil assez pertinent, mais bien sûr, l’objectif ici n’est pas d’être exhaustif.
Nous attendrons impatiemment la sortie du cinquième titre. On nous avait choyés au départ avec un rythme d’un volume par année ; on vient de passer à deux ans. On n’en tiendra certainement pas rigueur à l’auteure. Le résultat de son patient travail vaut largement l’attente.
Hélène-Andrée Bizier. À chacun son métier. Montréal, Fides, 2010. 389 pages.

