Le 14 septembre dernier, j’avais rendez-vous avec Nicolas Bednarz, archiviste du Collège Notre-Dame à Montréal. Les mois précédents, à l’occasion de réunions de travail à son bureau en vue d’une présentation au congrès de l’AAQ à Victoriaville, j’avais été impressionné par l’imposant édifice du chemin Queen Mary en face de l’Oratoire Saint-Joseph.
Dès la porte d’entrée franchie, le vestibule traversé et en s’engageant dans un premier corridor, une idée très nette se dégageait : il y a une âme dans ce lieu. Comme j’avais le goût d’en savoir davantage, de comprendre, j’ai demandé une rencontre à Nicolas pour parler de la place des archives dans une telle institution. D’entrée de jeu, l’archiviste me situe.
Le Collège Notre-Dame, fondé par la Congrégation de Sainte-Croix en 1869, affiche très clairement son projet éducatif : former l’esprit, le cœur et le corps. Cette formulation, on ne peut plus claire, est d’ailleurs inscrite en grandes lettres sur le mur à l’entrée du Collège, et elle est illustrée par de magnifiques photos d’archives. D’ailleurs, il y en a un peu partout dans l’édifice de ces photos d’archives. De toute évidence, ici le présent se conjugue dans la continuité du passé.
Le Service des archives relève du secrétaire général. Son mandat comprend trois volets : contribuer à une gestion administrative efficace, préserver l’héritage de la maison et faire en sorte qu’il soit utilisé. En d’autres termes, offrir une information bien ordonnée, répondre à la sensibilité d’un très grand nombre à l’endroit de leur patrimoine, mettre les archives au service de tous.
Nicolas Bednarz travaille au Collège Notre-Dame depuis plus de trois ans. Un de ses premiers défis a consisté tout naturellement à connaître et comprendre la culture de la maison. Il s’agit d’une démarche incontournable lorsqu’on veut faire sa place dans un milieu «tricoté» serré. Il y a un esprit de famille bien évident dans ces murs.
Si de nombreux chercheurs et organismes de l’externe ont recours aux archives du collège, les usagers du Service des archives sont très largement de l’interne : administrateurs, professeurs, élèves. Il serait trop long de passer en revue toutes les activités de l’archiviste en relation avec les archives courantes, intermédiaires et définitives. Au-delà de l’établissement du plan de classification, de la rédaction du calendrier de conservation, des activités de numérisation, de conservation, c’est la diffusion qui impressionne. L’archiviste répond constamment aux multiples besoins en termes de communications, de relations publiques, de publicité, d’expositions.
Oeuvre réalisée par des élèves à l’aide d’archives dans le cadre du cours d’arts plastiques en secondaire 4 et reproduite sur l’agenda scolaire
Mais il y a davantage. Nicolas Bednarz me lance avec satisfaction que son service inscrit les archives dans l’enseignement ! Il explique qu’il a entrepris de rejoindre les étudiants en faisant des archives un matériel didactique utilisé en classe. Il raconte qu’avec une professeure d’arts plastiques, il a mis à la disposition des élèves de secondaire 4 et 5 des documents qu’ils ont intégrés dans leurs créations d’affiches, de films, de peintures et de collages à l’occasion du 140e anniversaire du Collège. On en a un bon exemple par l’illustration ci-haut.
Les archives sont donc déjà présentes dans les ateliers d’arts plastiques, elles le sont aussi dans les cours de musique, elles le seront probablement dans les cours de français, et on ne parle pas encore des cours d’histoire. De toute évidence, l’archiviste s’active sur tous les «fronts». Non seulement, il fait sienne la culture de la maison, mais il est en train de placer les archives de façon dynamique dans celle-ci.
Je quitte l’endroit en compagnie de l’interviewé. On croise plusieurs membres du personnel. L’archiviste a droit spontanément aux salutations de tous. Il faut croire que le Service des archives est perçu comme une unité contribuant activement à la réalisation de la mission du Collège Notre-Dame.

