Source : albums de rues E. Z. Massicotte, Bibliothèque et Archives nationales du Québec.
Dans le cadre des célébrations du 100e anniversaire de fondation du journal Le Devoir, le journaliste Jean-Claude Leclerc (Le Devoir, samedi et dimanche 11 et 12 septembre 2010, cahier C, page 6) revient sur un événement majeur de l’année 1910, soit la tenue du XXIe Congrès eucharistique. Il le fait d’autant plus que le premier directeur du journal, Henri Bourassa, a participé activement à ce congrès. C’est à cette occasion, à l’église Notre-Dame, que Bourassa a servi sa célèbre réplique à Mgr Francis Bourne, évêque de Westminster. Ce dernier prônait que la seule langue de l’Église catholique dans l’ouest du continent soit l’anglais, et que les Canadiens français qui allaient s’y diriger optent pour l’anglais.
C’est alors que Bourassa lui répond :
Mais, dira-t-on, vous n’êtes qu’une poignée ; vous êtes fatalement destinés à disparaître; pourquoi vous obstiner dans la lutte. Nous ne sommes qu’une poignée, c’est vrai ; mais à l’école du Christ, je n’ai pas appris à compter le droit et les forces morales d’après le nombre et les richesses. Nous ne sommes qu’une poignée, c’est vrai; mais nous comptons pour ce que nous sommes, et nous avons le droit de vivre.
L’ovation de la foule se compare à une véritable explosion. L’impact est considérable, avec des répercussions jusqu’à nos jours. Henri Bourassa confirmait une fois de plus son leadership sur la collectivité canadienne-française.
L’article de Leclerc est accompagné de deux photos d’archives tirées des albums de rues de E. Z. Massicotte conservés à Bibliothèque et Archives nationales du Québec. Celle reproduite plus haut est une remarquable illustration de ce qu’était à l’époque l’église triomphante au Québec.
Discours d’Henri Bourassa : http://faculty.marianopolis.edu/c.belanger/quebechistory/docs/1910/4.htm

