Il y avait une nouveauté cette année au congrès de l’Association des archivistes du Québec (AAQ) à Victoriaville en juin. On y tenait une séance d’affiches au cours de laquelle des représentants de dix services d’archives ou organismes[1] présentaient sur des cartons de 90 par 60 cm montés sur des chevalets certaines de leurs réalisations ou de leurs projets en cours. Le tout était étonnant par la variété des sujets, la richesse d’informations, la très belle tenue graphique. Le jeudi soir, après la conférence d’ouverture, les auteurs des affiches se tenaient à la disposition des congressistes pour résumer le contenu de leurs présentations et discuter. Ils se sont prêtés à ce jeu pendant deux heures ; pour le reste du congrès, leurs affiches sont demeurées en montre.
Afin de souligner l’événement, les dirigeants de l’AAQ avaient invité les archivistes au congrès à voter pour leur affiche préférée. C’est celle de l’Université du Québec à Montréal, présentée par André Gareau, qui a remporté la palme.
Affiche présentée par André Gareau du Service des archives et de gestion des documents de l’UQAM au congrès de l’AAQ à Victoriaville
Le 19 juillet dernier, j’ai rencontré le «lauréat» à son bureau pour discuter de cette nouvelle expérience et échanger sur le contenu de son affiche. Il était particulièrement de bonne humeur, heureux bien sûr que le produit de l’UQAM ait été gagnant et, ma foi, fort satisfait des vacances qu’il venait de prendre…
Pour lui et ses collègues de travail, la séance d’affiches constituait une belle occasion de diffusion. Différente de la formule de l’exposé standard, l’affiche permettait de livrer une synthèse d’activités pratiquées depuis de nombreuses années à l’UQAM, de faire la promotion de réalisations du Service des archives et de gestion des documents (Service) et de susciter des discussions fructueuses avec des archivistes d’autres institutions. Les échanges d’expertises viennent plus facilement lorsqu’on tend la main.
L’affiche livrée par André Gareau est on ne peut plus explicite : en matière de mise en valeur des archives, il faut savoir réutiliser le matériel déjà produit. C’est le cas à l’UQAM pour les expositions virtuelles réalisées au cours des dix dernières années. Une fois que les documents numérisés ont été mis en ligne, rien n’interdit, bien au contraire, de les récupérer et de les présenter dans la forme d’expositions réelles dans le corridor attenant au Service. Ce lieu vaut d’autant plus la peine d’être exploité qu’il est au vu de la haute direction de l’institution qui loge dans la même bâtisse, tout comme le service des ressources humaines et celui des finances. Sans compter que le corridor en question est remarquablement achalandé par les étudiants, les employés et les visiteurs de l’université puisqu’il conduit entre autres à la cafétéria, à une salle de concert et à la station de métro.
Voilà deux ans déjà que le Service traduit de la sorte des expositions virtuelles en expositions réelles. Il l’a fait avec succès pour les archives du théâtre ; c’est au tour maintenant des archives de l’écologiste Pierre Dansereau. L’exposition voisine, celle sur l’UQAM, continue d’occuper une place de choix. De cette façon, le Service sert l’institution en contribuant au sentiment de fierté ; de plus, il passe le message que les archives qu’on lui remet donnent lieu à des mises en valeur qui honorent leurs donateurs.
C’est dire qu’on crée ainsi un lieu d’exposition dynamique, qui participe à l’animation du milieu et qui donne une image positive des archives et des archivistes. Afin d’accroître ces effets bénéfiques, le Service tire profit au maximum des technologies. On a installé au bout du corridor, dans le prolongement des deux expositions mentionnées plus haut, une borne interactive qui permettra aux passants de consulter à loisir d’autres expositions ainsi que des documents de toutes sortes, souvent en relation avec l’actualité de l’université. On y trouvera par exemple des textes, des publications, des photos, même des films. Le concept et la technologie sont tels que les archivistes de l’UQAM jouiront de toute l’autonomie souhaitée pour mettre à jour par eux-mêmes le contenu de cet écran. Quant aux usagers, ils choisiront selon leurs goûts et leurs préoccupations. La borne sera fonctionnelle dès septembre.
Voilà ce qu’une affiche et son auteur au dernier congrès de l’AAQ nous apprenaient. Gageons que les organisateurs du prochain congrès en juin 2011 à Alma accorderont encore plus de place et de visibilité à cette formule pour faciliter davantage la rencontre entre les créateurs d’affiches et les congressistes.
http://www.archives.uqam.ca/expositions/
[1] Claire Goyette, Congrégation de Notre-Dame ; Caroline Cholette et Caroline Rouleau, Hydro-Québec ; François Cartier, Musée McCord ; Marie-Josée Morin et Josée Sarrazin, Congrégation de Notre-Dame ; Hélène Laverdure, ministère des Transports du Québec ; Linda Beaupré, ville de Laval ; André Gareau, UQAM ; Jérôme Bégin et Carole Côté, ville de Québec ; Nicolas Bednarz et Taïk Bourhis, respectivement du Collège Notre-Dame et de l’Université de Montréal ; Dominic Boisvert, HB Archivistes.

