Pendant la période estivale, l’avenue McGill College est synonyme de voyage dans le temps avec les superbes expositions plein air du Musée McCord. Depuis 2006, ces dernières attirent un peu plus d’un million de curieux chaque année. Toujours soucieux d’apporter des éléments à la fois originaux et technologiques, le Musée aborde en 2010 une nouvelle thématique: l’évolution de Montréal en deux temps (1900-2000).
Comme des Sherlock Holmes, nous sommes donc invités à observer les changements de la vie quotidienne, industrielle, architecturale et technologique de la métropole entre des photos provenant du studio de William Notman (1826-1891) et les 12 nouvelles images reprises aux mêmes endroits par le photographe Andrzej Maciejewski. Pour faciliter la comparaison, au-dessous de chaque paire de photos, se trouve une petite affiche lenticulaire qui, selon l’angle de vision, interchange les photos. L’effet est amusant, et tout naturellement, on se prête au jeu en se basculant de gauche à droite pour voir les métamorphoses.
Un pur plaisir
Nul besoin de connaître parfaitement la ville pour apprécier cette exposition. Quelle découverte de constater, par exemple, les changements au niveau des systèmes de transport (bateaux à vapeurs, tramways, carrioles à chevaux et traîneaux d’hiver). Si certains d’entres eux n’existent plus ou servent d’attraits touristiques, les tramways referont surface sur l’île de Montréal dans un avenir rapproché. On s’étonne aussi devant la quantité de gratte-ciel qui cachent maintenant le mont Royal. À l’époque, non seulement voyait-on très bien la montagne, les églises et les maisons, mais on pouvait y déceler les industries avec la vapeur sortant des cheminées. Et que dire des fils aériens qui ont aujourd’hui disparu du paysage montréalais? Le Musée de la Pointe-à-Callière consacre d’ailleurs une exposition à ce thème.
On remarque également que l’affichage en anglais était très présent dans les commerces de Montréal.
Coup de cœur dans la vie quotidienne des gens: le déneigement en 1887 de la rue Notre-Dame où les citadins, pelle à la main, devaient collectivement dégager les rues de la métropole. Tandis que la photo prise en l’an 2000 démontre visiblement que la neige n’affecte aucunement le déroulement des activités.
Un travail minutieux
Andrzej Maciejewski, ontarien d’origine polonaise, aura consacré 2 ans et demi de travail entre 1999 et 2001 pour ce projet d’envergure. Dans un premier temps, il a procédé à une vaste sélection parmi les photos de Montréal se trouvant dans la remarquable collection Notman. Ensuite, il a pris des clichés en prenant soin de respecter les mêmes conditions que les photographies d’époque, tant au niveau des angles de vue que de l’éclairage ou du climat. La tâche était de taille. À titre d’exemple, en raison du sombre éclairage, trois heures de tests Polaroid furent nécessaires pour obtenir une photo satisfaisante du Club Mount Stephen. Chacune des reprises comportaient ses défis.
Nouvelle technologie
Le Musée McCord ne s’arrête pas là, il pousse la technologie un peu plus loin en dotant chaque photographie d’un code-barre «QR» (Quick Response). En photographiant l’icône encrypté à l’aide d’un cellulaire
(et du logiciel gratuit Bee-Tag), ce dernier donne accès à de l’information supplémentaire. Des instructions d’utilisation se trouvent sur YouTube.

Autant cette pratique peut être très avant-gardiste, autant elle prive les visiteurs ne possédant pas de cellulaire. Il aurait été bien que McCord fournisse une affiche descriptive à côté des photographies, ne serait-ce que pour attirer notre attention sur des repères importants ou pour nous faire part d’anecdotes comiques. Par exemple, le visiteur ne manquerait pas le détail du repositionnement de la stèle sur l’une des pierres tombales situées dans le lot du colonel Hamilton au Cimetière Mont-Royal. Une explication que l’on retrouve dans l’exposition virtuelle «Deux quotidiens se rencontrent».
Parcours modifié
Leurs magnifiques panneaux se trouvent toujours du côté ouest de l’avenue McGill College, mais cette fois un peu plus au nord, entre l’avenue Du President-Kennedy et le boulevard De Maisonneuve Ouest. Le chemin continue avec cinq autres panneaux qui par leur position nous reconduisent vers le Musée McCord. Les affiches de vieilles photos proviennent d’autres fonds que celui de Notman. Ces images placées stratégiquement, nous permettent de comparer in situ les transformations des environs.
Finalement, McCord nous offre une très belle exposition: de grands panneaux de qualité qui nous permettent de bien percevoir les détails et les points de repère, des photographies en noir et blanc pour uniformiser et pour nous aider à mieux comparer, une affiche lenticulaire amusante pour rapidement déceler les changements, puis enfin, un parcours qui reste dans le ton jusqu’au Musée. Un incontournable dans les activités à faire dans la métropole et qui prend fin le 18 octobre 2010.
Bonne visite
Sites en ligne à visiter:
2-Deux quotidiens se rencontrent vous permettra d’obtenir des explications supplémentaires selon les perspectives d’un historien, d’un muséologue et du photographe Andrzej Maciejewski. En plus d’enrichir votre expérience, des questionnaires et jeux testeront vos connaissances.
3-Site Web du photographe Andrzej Maciejewski
http://www.klotzekstudio.com/


[...] après avoir lu ce billet sur Les Archives à l’affiche, je suis allé faire un tour à l’exposition [...]
Si vous souhaitez voir plus de photos par Andrzej Maciejewski visite http://www.klotzekstudio.com