
Photo : Denys Chouinard
19 juin 2009 à janvier 2011
400, rue Saint-Paul Est, Vieux-Montréal
Métro Champ-de-Mars
De nos jours, ils sont nombreux les Québécois qui interrompent leurs activités régulières et partent. Jeunes ou moins jeunes, ils chaussent les bottes de marche, emportent un bâton et prennent la route à destination d’un lieu de pèlerinage, ici ou à l’étranger à la recherche d’eux-mêmes, en quête de sens.
Le Musée Marguerite-Bourgeoys consacre sa nouvelle exposition temporaire à ce phénomène du coeur, de l’âme et de l’esprit qui gagne en popularité. Elle est belle cette exposition. Elle touche, même si elle est courte. Ses concepteurs l’ont bien pensée, faisant place d’abord aux émotions, c’est-à-dire aux pèlerins eux-mêmes, une dizaine, qui ont prêté leurs artefacts, leurs photos et qui dans une phrase ou deux ont chacun résumé l’essentiel de l’expérience vécue récemment. Ils sont allés tantôt sur la route de Saint-Jacques-de-Compostelle ou en Terre Sainte, tantôt au Québec ou ailleurs.
Pas de fioritures dans ce montage, on va à l’essentiel grâce à des textes simples et clairs, à un design épuré qui se fait discret pour mieux souligner les sentiments et favoriser l’apprentissage de nouvelles connaissances. En effet, à l’étage au pied de l’escalier, on renseigne le visiteur sur les origines et l’histoire du phénomène. Plus important encore, on rappelle que l’on doit la chapelle Notre-Dame-de-Bon-Secours à Marguerite Bourgeoys qui en a fait le premier lieu de pèlerinage à Montréal. À l’origine au XVIIe siècle, Bon-Secours était hors des fortifications. On y allait, et on peut encore le faire aujourd’hui, pour s’arrêter et se donner quelques instants de réflexion sur soi-même.
Les muséologues en ont profité pour redonner accès à un détail d’un splendide vitrail de la chapelle ; le dessin et les couleurs magnifiques d’un ange témoignent de la spiritualité et de la grande capacité de recueillement de l’artiste. Dommage que l’on ait perdu la vierge qui était au centre de l’oeuvre, mais l’élément restant saura tout de même émouvoir et porter à la réflexion.
Avant de prendre la route ou au retour d’un pèlerinage, on profitera de cette exposition pour échanger avec d’autres pèlerins qui ont voulu transmettre leur expérience et en faire un objet de partage. On en ressort touché et grandi, heureux de sa propre aventure, ou désireux de partir à son tour.
http://www.marguerite-bourgeoys.com/fr/programmation/programmation.asp

Très bel article!
Je vous invite à venir nous revoir au musée quand vous voudrez! Nous avons aussi une nouvelle exposition temporaire qui prendra la suite d’Ultreïa en début 2012!
Au plaisir!