Les archives et le renouveau culturel québécois!
16 mars 2008 par nicolasbednarz
Il y a quelques semaines, je suis tombé par hasard sur un organisme fort sympathique, quoique légèrement brouillon.
Les gens d’Archive Montréal ont fondé, en 1998, cet organisme ayant pour but de promouvoir, diffuser et préserver la culture locale émergente à Montréal. C’est dans ce but que des exemplaires de productions uniques ou de publications indépendantes sont recueillis et conservés (bien sûr, il s’agit dans ce cas de publications, mais la BN ne peut pas toujours s’occuper de documents au rayonnement si minime).
Archive Montréal organise régulièrement des événements culturels de toutes sortes (Expozine), ce qui lui permet au passage d’établir un bon portrait de ces productions. Le regroupement a même mis sur pied un petit projet appelé Distriboto, dans le cadre duquel d’obsolètes machines à cigarette ont été reconverties en distributeurs d’oeuvres culturelles uniques, à bas prix. De la diffusion directe auprès d’un public fort bigarré!
Bref, l’intention est fort sympathique et m’apparaît digne de mention. Bien que le terme archive ne soit pas nécessairement utilisé à parfait escient ici, il est agréable de voir que des jeunes de toutes sortes peuvent être conscientisés à la problématique de la conservation et de la diffusion de notre patrimoine, et ce dans toute sa diversité! Je vous laisse le lien suivant: Archive Montreal
La qualité de la langue est inégale, mais les organisateurs sont anglophones, alors bravo pour l’effort.
Cette démarche vient répondre à une nouvelle problématique, grandissante depuis la fin des années 80. De nombreux artistes et musiciens ont emprunté la voie du “Do it yourself“, afin de diffuser leur message. Terminé le recours obligé aux voies traditionnelles de publication, chacun peut désormais réaliser, produire et diffuser sa propre création. Cela s’avère d’autant plus vrai depuis l’avènement des nouvelles technologies et la prise de contrôle parallèle de l’information diffusée sur le Web, par tous et chacun.
Le portrait culturel québécois change donc très rapidement depuis une vingtaine d’années. On peut en observer certains résultats tangibles avec l’apparition d’ensembles musicaux, comme Malajube, We are wolves, ou Karkwa, sur nos réseaux télévisuels ou radiophoniques à grande diffusion. Ce renouveau fragile, effectué en marge des institutions habituelles, se doit d’être documenté et encouragé. Un tel changement au niveau du fonctionnement et de la production de la culture implique en effet certains ajustements.
Des amis d’une compagnie de promotion musicale indépendante (s’occupant entre autres de Malajube) m’ont ainsi manifesté leur désir d’organiser leurs archives grandissantes, et ce dans le but de faciliter leur travail quotidien et d’en conserver des traces pertinentes.
Il est heureux de constater que les problématiques de gestion, de conservation et de transmission des archives s’avèrent extrêmement importantes face à une nouvelle culture montante, loin des schémas traditionnels et contrôlables de diffusion…. et que les responsables de cette nouvelle culture en sont tout à fait conscients.