Le projet Einestages, dirigé par le journal Der Spiegel, permet à la population allemande de tout âge et de toute origine d’explorer, lire et même participer activement à la construction de la mémoire collective du pays. Il s’agit de donner vie à des images, des événements, récents ou plus anciens, heureux ou terribles, comme l’Holocauste et la période Nazi, par l’intermédiaire de témoignages personnels de ceux qui auraient des anecdotes à raconter. Le site est organisé autour de thèmes allant de la guerre aux sports en passant par les fêtes de Noël, l’art de vivre, le mur de Berlin, etc. Non seulement, les visiteurs sont invités à fournir des commentaires et des anecdotes sur ce qui est en ligne, mais aussi des images, photographies, films, illustrations sur un événement dont ils ont été témoins et à suggérer du contenu sur lequel débattre. Les soumissions des internautes sont vérifiées et modérées avant d’être rendues publiques, aucune intervention anonyme n’est permise. Le contenu est donc contrôlé et filtré. C’est important puisque un bon nombre de thèmes abordés sont loin d’être faciles.
LE MONDE | 18.01.08 | 16h13 • Mis à jour le 18.01.08 | 16h13
Les rédacteurs en chef de Einestages.de (”Un de ces jours”) assurent que le concept de ce site, lancé par l’hebdomadaire Der Spiegel, aurait pu naître ailleurs qu’en Allemagne – en Russie ou en France par exemple. Il n’en reflète pas moins un goût typiquement allemand pour l’histoire et la mémoire.
L’idée est de collecter sur Internet les témoignages de tout un chacun sur des sujets d’histoire contemporaine, afin de constituer une mémoire nationale collective accessible à tous. “Nous voulions créer un instrument intermédiaire entre les forums, où les internautes discutent entre eux de faits historiques, et un site d’information journalistique tel que celui du Spiegel, où les sujets d’histoire contemporaine sont de plus en plus fréquents”, explique Florian Harms, corédacteur en chef, avec Hans Michael Kloth, de Einestages.de. Les deux journalistes sont d’ailleurs historiens de formation.(…)
“Pour les professionnels, il s’agit d’un véritable outil de travail”, s’enthousiasme Klaus-Peter Sick, historien au Centre Marc-Bloch de Berlin. Pour lui, le site relève de ce courant de l’historiographie que l’on nomme “oral history” et “servira peut-être un jour de banque de données utile à la recherche”.
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Lien : Einestages
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